Thèse de doctorat en Histoire, soutenue par Luc Chantre, sous la direction de Jérôme Grévy (Criham / Université de Poitiers).

• Date et lieu de la soutenance : 19 octobre 2012 – Université de Poitiers

 

 

Présentation du thème de recherche

Le pèlerinage à La Mecque à l’époque coloniale (v. 1866-1940) : France – Grande-Bretagne – Italie

Alors qu’elles n’intervenaient jusqu’ici que marginalement dans l’économie du pèlerinage à La Mecque (hajj), la catastrophe humanitaire constituée par l’épidémie de choléra de 1865-66 a conduit certaines puissances coloniales comme la France et la Grande-Bretagne, bientôt rejointes par l’Italie, à se saisir directement de la question de l’organisation des déplacements et du séjour de leurs sujets musulmans dans les Villes Saintes du Hedjaz. Pour la première fois dans l’histoire de l’Islam, le hajj a ainsi été supervisé par des puissances non-musulmanes. Si l’objectif affiché de l’intrusion européenne dans l’économie du hajj reste la protection sanitaire des pèlerins et partant du continent européen, il n’en cache pas moins des préoccupations plus politiques. L’enjeu est alors de rendre le hajj « gouvernable ». A cet égard, la Grande Guerre et l’annexion du Hedjaz par le gouvernement saoudien en 1925 constituent des étapes importantes en donnant aux puissances coloniales les moyens de construire de véritables « politiques du pèlerinage ». La décennie 1930 marque ainsi l’apogée de l’intrusion des puissances coloniales européennes dans l’organisation du pèlerinage à La Mecque qu’elles ont contribué à transformer en un instrument d’influence diplomatique et coloniale.

  • La vie étudiante continue sur les réseaux sociaux !