Thèse de doctorat en Histoire de l'art contemporain soutenue par Eva Belgherbi, sous la direction de Claire Barbillon (École du Louvre, Université de Poitiers, Criham) et Amélie Simier (Musée Rodin).

• Date et lieu de la soutenance : vendredi 12 décembre 2025Paris, École du Louvre

 

 

Présentation du thème de recherche

Devenir sculptrices. Conquêtes et apprentissages d’une pratique genrée en France et au Royaume-Uni (1863-1914)

La période qui s’étend de 1863 à 1914 est charnière pour la professionnalisation des sculptrices, en France et au Royaume-Uni. Le medium de la sculpture est alors largement associé dans la fiction, l’iconographie et la presse à la force physique et à la saleté, à un imaginaire pygmalionien et michelangelesque où triomphe le masculin. Dès les années 1860-1870, des institutions s’ouvrent pourtant aux sculptrices, telles la Royal Academy et l’École nationale des Beaux-arts de Paris, des académies privées les accueillent, à l’instar des académies Julian et Colarossi, et des cours particuliers dans les ateliers de sculpteurs ou sculptrices leurs sont dispensés. L’apprentissage de la sculpture est possible pour ces sculptrices mais à certaines conditions, suivant des discriminations de genre profondément ancrées dans les deux pays, alors que les mouvements féministes des deux côtés de la Manche se structurent et revendiquent notamment un accès à un enseignement de qualité. Si Paris et Londres demeurent des centres artistiques attractifs, les sculptrices se forment souvent d’abord dans leur ville d’origine, telle Édimbourg, Dublin, Bordeaux ou Bourges. Les ateliers de sculpture installés à Paris sont cependant largement prisés par les artistes en devenir, et les sculptrices françaises et étrangères cherchent à s’y faire une place malgré les nombreux stéréotypes de genre qui persistent et entravent leurs aspirations professionnelles. Pourtant, les femmes sculptent, exposent leurs œuvres dans des salons mixtes ou non, font carrière dans la sculpture, s’attelant à tous les sujets et formats, du nu au monumental. Dans leurs sculptures, elles transgressent ce qu’elles ont appris afin de se distinguer de la masse, ou se conforment à une tradition académique afin de se fondre dans un moule qui leur apportera peut-être des commandes. Naviguant entre diverses stratégies pour poursuivre leur carrière, elles se revendiquent élèves de sculpteurs connus, se réclament d’un art féminin afin de se conforter à une certaine idée de « la » femme artiste, ou encore utilisent leurs compétence pour créer des œuvres nouvelles et de nouveaux sujets.

À la croisée des études de genre, de l’histoire de l’enseignement artistique et des transferts culturels, cette thèse révèle un corpus de trajectoires de sculptrices et d’œuvres rarement mobilisé dans l’étude de l’histoire de la sculpture en France et au Royaume-Uni.

 

Composition du jury

– Mme Charlotte FOUCHER ZARMANIAN, directrice de recherche, directrice-adjointe du Centre de Recherches sur les Arts et le Langage CRAL (UMR 8566, CNRS-EHESS), Rapportrice
– Mr Thierry LAUGEE, professeur HDR d’histoire de l’art contemporain (Université de Nantes), Examinateur
– Mme Émilie OLERON EVANS, Senior Lecturer in Cultural History of French Art (Queen Mary University of London), Rapportrice
– Mme Aurélie PETIOT, maîtresse de conférences en histoire de l’art contemporain (Université Paris
Nanterre), Examinatrice
– Mme Claire BARBILLON, professeur à l’Université de Poitiers, directrice de l’École du Louvre
– Mme Amélie SIMIER, conservatrice du patrimoine en chef, directrice du musée Rodin

 

École doctorale

ED 612 Humanités – Université de Poitiers

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