Conférence par David J. Hess, professeur de sociologie des sciences, Vanderbilt University. Séminaire inaugural de l'axe transversal du Criham Les angles morts de la recherche. Histoire, histoire de l’art, musicologie, organisé sous la coordination de Laurence Montel (Criham / Université de Poitiers), Gaëlle Tallet et Kevin Parachaud (Criham / Université de Limoges).

• Jeudi 29 avril 2021 – 17h / 19h

• En visioconférence, sur inscription préalable : gaelle.tallet@unilim.fr

 

 

Présentation

Le concept de science non faite a reçu une certaine attention dans le domaine plus large des études sur l’ignorance comme une approche de l’ignorance en tant que problème de recherche et de politique. Je commence par les théories de l’État moderne et démocratique et développe une perspective épistémique1 qui lie l’État moderne au développement de formes spécifiques d’ignorance. Je passe ensuite à une perspective plus large développée par des chercheurs et des activistes qui écrivent du point de vue des groupes marginalisés et qui ont identifié d’autres formes d’ignorance qui émergent des inégalités structurelles dans l’espace social plus large et de leurs analyses critiques de l’État, de la connaissance et du pouvoir. Je situe ensuite l’analyse de la science non faite dans ces perspectives plus larges et identifie trois processus dynamiques d’ignorance : la génération et la remédiation de la science non faite, la désinformation et la réinformation, ainsi que les préjugés de la culture épistémique et la forte objectivité. Enfin, j’examine comment le domaine des études sur l’ignorance peut bénéficier de l’attention portée à l’échange entre les approches de recherche idiographiques2 et nomothétiques3 de moyenne portée, et je discute de quelques exemples tirés de mes recherches actuelles.

1 – Relatif à une épistémé, à l’ensemble des connaissances propres à un groupe social, à une époque.
2 – Relatif à l’étude descriptive de cas singuliers, isolés sans chercher à en tirer des lois universelles.
3 – Dont l’objet et la méthode permettent d’établir des lois générales ou universelles, représentées par des relations constantes entre les phénomènes observés.

 

David J. Hess

David J. Hess is a professor in the Sociology Department at Vanderbilt University, James Thornton Fant Chair in Sustainability Studies, Associate Director of the Vanderbilt Institute for Energy and Environment, and Director of Environmental and Sustainability Studies.
His research and teaching are on societal and policy dimensions of science, technology, energy, and the environment. He focuses on public accountability, local and state energy policy, civil society, coalitions, and social movements. He is the recipient of the Robert K. Merton Prize, the Diana Forsythe Prize, the Star-Nelkin Prize, and the General Anthropology Division Prize for Exemplary Cross-Field Scholarship.

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