Colloque organisé par les laboratoires Criham et CAPS, sous la direction de Frédéric Chauvaud et Marie-José Grihom, dans le cadre de l'axe 3 de la MSHS de Poitiers, Le corps à l’épreuve.

• du 9 au 11 septembre 2015

• Campus de Poitiers, MSHS
Bât. A5 – 5 rue Théodore Lefebvre

 

 

Présentation

Depuis une vingtaine d’années les travaux sur le corps ont connu un renouveau très important. Les analyses et les regards disciplinaires se sont multipliés. L’objet corps, pour être saisi dans son infini complexité, a besoin d’approches croisées. Le corps supplicié, le corps handicapé, le corps meurtri par les intempéries ou par les conflits armées, le corps brutalisé lors de rixes interpersonnelles ou dans le cadre de violences conjugales ont fait l’objet de travaux de qualité mais souvent dispersés. L’historiographie montre en effet que si les études psychologiques de qualité sont assez nombreuses, sans compter les contributions plus strictement médicales, en revanche les autres disciplines sont plutôt absentes. De la sorte, le rééquilibrage des connaissances s’avère indispensable.

Le corps défaillant est celui qui ne correspond pas ou plus aux attentes. Lentement, en fonction de l’âge ou bien d’une maladie évolutive ou encore d’un traumatisme, le corps semble se dérober. Brutalement, à la suite d’un accident, d’une agression ou d’une maladie soudaine, le corps ne répond plus aux demandes, ou du moins imparfaitement. Il s’agira donc de penser le corps comme “manquant ou insuffisant “ dans la perspective des normes individuelles ou culturelles, sociales ou groupales médicales ou psychologiques, philosophiques, juridiques… Cette approche pluri-disciplinaire se situe dans une perspective d’histoire culturelle.

La notion de corps défaillant rejoint les questions de l’altérité acceptée, de l’altérité radicale, de l’affirmation aussi d’une société inclusive. Le corps défaillant ne correspond pas à un jugement, peut sans aucun doute devenir une notion heuristique permettant de penser et de comprendre une forme singulière « d’altérité de l’intérieur ». Elle peut recouvrir la diversité des défauts réels ou physiques, imaginaires ou idéaux, symboliques ou culturels dont le corps peut être le porteur mais dont l’impact social est inexistant, faible ou très modéré – qui ne relève pas d’un handicap social reconnu. La défaillance s’entendra sous l’angle de sa temporalité : provisoire ou durable, unique ou répétée, limitée ou généralisée à d’autres fonctions, brutale ou progressive,

Cette approche du corporel ne peut évidemment ignorer les effets psychiques provoqués sur les principaux intéressés comme sur leur entourage. Elle pose encore la question d’une double prise de conscience. Tout d’abord celle de l’écart, parfois vertigineux, entre le corps réel et le corps imaginaire, puis celle que le corps n’est pas « immuable », qu’il s’agit d’un corps transitoire, voire provisoire.

 

Programme

 

Mercredi 9 septembre 2015

• 13h30 – Accueil

• 13h50 – Mot de bienvenue

• 14h – Présentation

 

Séance 1 – Le corps « en panne »

Il s’agira plus particulièrement de s’attacher à l’altération de la puissance du corps, aussi bien dans la sexualité, le sport, le travail ou encore la dépression

Président de séance : Pierre Pretou, Historien, MCF, Université de La Rochelle

• 14h10 – Hélène Castelli / Agrégée d’histoire – Docteur en histoire antique, Université Paris I – Panthéon Sorbonne
Coupe cassée, corps défaillant. Étude d’un récit de guérison gravé au IVe siècle

• 14h30 – Pascale Drouet / Professeur de Littérature – Université de Poitiers
Défaillance physique, supplice psychique : l’épilepsie d’Othello et la caméra de Welles

• 14h50 – Guillaume Garnier / Docteur en histoire moderne des universités de Poitiers et Genève
De la privation de sommeil chez Mme du Deffand (1739-1780)

• 15h10 – Marie Walin / Agrégée d’histoire, doctorante à l’Université Toulouse Jean-Jaurès
L’impuissance masculine à Madrid 1780-1810

• 15h30 – Débats et pause

• 16h – Aïcha Salmon / Agrégée d’histoire, Doctorante, Université Paris I – Panthéon-Sorbonne
La mise à l’épreuve des corps pendant la nuit de noces

• 16h20 – Philippe Grosos / Philosophe, Professeur des Universités, Poitiers
Le corps défaillant, ou comment n’être pas dualiste ?

• 16h40 – Pascal Keller / Psychologue, psychanalyste, professeur des Universités, Poitiers (CAPS, EA 4050)
Le mythe du déséquilibre chimique cérébral dans la dépression : la souffrance dépressive à l’épreuve du corporel

• 17h – Débats

 

Jeudi 10 septembre 2015

 

Matinée : Séance 2 – Le corps vieillissant, malade, usé

La maladie et la vieillesse devront compléter les analyses du corps impuissant ou du corps bloqué. De manière prolongée ou définitive le corps ne correspond plus aux attentes, pour les autres et pour soi.

Présidente de séance : Dolores Albarracin / Psychologue, MCF, Université de Poitiers

• 9h – Amandine Bigeard / Doctorante en Histoire de l’Art, Université de Strasbourg
Les représentations de la vieillesse au XVIIIe siècle

• 9h20 – Sophie Panziera / Professeur certifiée, Doctorante contractuelle, Université Paris I – Panthéon-Sorbonne
Dormir au XIXe siècle

• 9h40 – Sophie Richelle / Doctorante en psychologie, Université du Luxembourg
Corps vieillissants en institution

• 10h – Débats et pause

• 10h30 – Pierre Prétou / MCF Histoire médiévale, Université de La Rochelle
Le corps du marin

• 10h50 – Christine Labrie / Maîtrise en histoire – Université de Sherbrooke, chercheur pour le Conseil de la recherche en sciences humaines
d’Ottawa, Canada
Défaillance du corps et émergence de regrets chez les femmes âgées sans enfant

• 11h10 – Stéphane Héas / Sociologue, MCU-HDR, EA 4636 – associé à l’UMR 6051, Rennes et Yannick Le Henaff / sociologue
Maladies « rares » et ruptures biographiques plurielles

• 11h30 – Nicolas Dauman / Psychologue, MCU, CAPS (EA 4050), Université de Poitiers
Le corporel : enjeux d’un concept. À partir d’une clinique du sonore – hyperacousie, acouphène, perte auditive

• 11h50 – Débats

 

Jeudi 10 septembre 2015

Après-midi : Séance 3 : Le corps exhibé

Le corps défaillant est parfois exposé et instrumentalisé. Il suscite la curiosité et parfois la fascination. Le corps hystérique montré par Charcot, les spectacles de tétralogie dont les cirques et les films jouent le rôle de vitrine, ils exposent une “ galerie de monstres ”. Les planches anatomiques ou les photographies d’un hermaphrodite de Nadar illustrent le phénomène.

Président de séance : Alexandre Levy / Psychologue, MCU, Université catholique d’Angers (EA 4050)

• 14h10 – Caroline Husquin / Agrégée d’histoire, doctorante Lille 3
Freak Show à Rome : du corps exposé au corps exhibé

• 14h30 – Virginie Martin-Lavaud / Psychologue, psychanalyste, chargée de cours à l’IPSA-UCO d’Angers et à l’Université de Rennes, chercheur associé EA 4050
Le monstre : une entité qui questionne l’esthétique du corps et notre fascination pour l’improbable

• 14h50 – Nicolas Cochard / Docteur en histoire contemporaine, chargé de cours, membre associé du CRHQ-CNRS, Université de Caen et du CIRTAI, Université du Havre
Quand l’État prend en charge le corps défaillant, à travers l’exemple des marins français à l’époque contemporaine

• 15h10 – Ga-Young Lee-Fichet / Docteur en Art, spécialité Danse, Université de Nice
Corps vu, corps réduit, corps nommé hystérique par Charcot

• 15h30 – Débats et pause

• 16h – Julien Gaillard / Doctorant en histoire, Université de Poitiers
Le corps tuberculeux lors de la Grande guerre ou Le corps tuberculeux, objet d’émotions

• 16h20 – Anaïs Louison-Bouvet / Doctorante en Danse, Université Paris VIII
Le corps défaillant en tant que motif esthétique

• 16h40 – Marion Haza / Psychologue, MCU, CAPS (EA 4050), Université de Poitiers
Corps défaillant versus corps augmenté

• 17h – Débats

 

Vendredi 11 septembre 2015

 

Séance 4 – Corps honteux

Le corps provoque des émotions ou des attitudes de rejet (honte, dégoût, mépris…). D’aucuns insistent sur sa laideur et il conviendrait de prendre en compte les variations du corps : maigreur, obésité, anorexie, boulimie, sans oublier la perception des corps alcoolisés ou dépendants des “ poisons de l’esprit ”.

Présidente de séance : Anne-Claude Ambroise-Rendu / PR Histoire contemporaine, Criham, Université de Limoges

• 9h – Lydie Bodiou / MCU Histoire antique, Herma, Université de Poitiers
Le corps féminin en Grèce ancienne

• 9h – Laurent Bihl / Docteur en Histoire contemporaine, qualifié, ISOS/CRH 19, Université Paris I – Panthéon Sorbonne
Rire d’une énormité, rire d’une difformité. La stigmatisation de la défaillance physique à travers la presse satirique de la Belle Époque

• 9h40 – Laurène Scherer / Doctorante en Histoire contemporaine, Université de Poitiers
Histoire du genre féminin : la cellulite

• 10h – Brigitte Karcher / Docteur en psychologie, qualifiée, membre associé du LAPCOS EA 7278, Université de Nice Sophia-Antipolis
Le cycle de la honte dans l’obésité morbide

• 10h20 – Cristina Cernat / Psychologue, Doctorante université Paris 7-Denis Diderot
Un corps en laideur : un corps manquant de charme ?

• 10h40 – Débats et pause

• 11h10 – Vincent Guerin / Psychologue, MCF Université Catholique d’Angers, EA 4050
Rêve d’Hydra. La biogérontologie, le corps vieillissant comme inacceptable

• 11h10 – Pascale Peretti / Docteur en Psychologie, post-doctorante, chargée de cours à l’UCO d’Angers
Honte et dégoût d’un corps « rendu à lui-même » dans l’expérience subjective de troubles neurologiques

• 11h30 – Denis Mellier / PU de littérature générale et comparée, Université de Poitiers
La durée longue de la violence : Récits de guerre et mise en forme de la violence

• 11h50 – Débats

• 12h10 – Conclusion

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