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Projet financé par l’Agence nationale de la recherche et porté par Fanny Le Bonhomme, Université de Poitiers, Criham.
• Porteuse du projet : Fanny Le Bonhomme (Université de Poitiers, Criham)
• Période : septembre 2024 – septembre 2028
Ce projet de recherche et de médiation vise à faire dialoguer sciences et société autour des problématiques liées à l’enfermement à partir d’un terrain d’enquête et d’expérimentation original : la prison Jacques-Cartier à Rennes. Fermée en 2010, cette maison d’arrêt est rachetée en 2021 par Rennes Métropole avec l’ambition d’en faire un « lieu culturel et citoyen ». Dans le contexte de reconversion des prisons en France et en Europe, le cas rennais est particulièrement original puisque c’est dans le cadre d’une démarche de concertation citoyenne que doivent être définis les usages du futur lieu. Ce processus de réflexion sur les possibles devenirs d’un lieu d’enfermement a suscité l’émergence de questionnements non seulement sur l’histoire et les mémoires de cette prison mais également sur les conditions actuelles de détention. De ce fait, la prison est entrée dans un débat citoyen aux temporalités emboîtées. Cette configuration inédite constitue une opportunité à saisir pour la recherche scientifique : PatCaM vise ainsi à faire de la prison Jacques-Cartier non seulement un objet de recherche mais également un terrain d’expérimentation pour les liens entre sciences et société, autour de la question de l’enfermement et de la patrimonialisation des marges urbaines. Il s’agit d’écrire une histoire de la prison Jacques-Cartier en articulant recherche, médiation et participation.
Le projet PatCaM réunit une équipe interdisciplinaire (histoire, anthropologie, géographie, sociologie, droit, archivistique, didactique de l’histoire, sciences de l’éducation), se structure autour de deux axes de recherche. Le premier axe de recherche vise à entrer dans la prison Jacques-Cartier par ses acteurs. À partir de l’analyse d’un corpus documentaire varié, il s’agit de construire une sociologie de la population carcérale et des membres du personnel, de l’ouverture à la fermeture de la prison (1903-2010). PatCaM interroge également, sur le temps long, les évolutions qui affectent l’organisation spatiale et matérielle de la prison, tout en analysant la manière dont cet espace est vécu, pratiqué, approprié par les acteurs, qu’il s’agisse des détenus comme du personnel. Retracer finement ces évolutions permet de reconstituer la matérialité de l’enfermement carcéral au XXe siècle, en portant une attention particulière à l’articulation entre réformes pénitentiaires, reconfigurations spatiales et pratiques spatiales des acteurs. Le deuxième axe de recherche vise à mettre en place, à partir des résultats des recherches, des dispositifs de médiation scientifique et à penser ensemble recherche, médiation et participation (recherches participatives). Trois directions sont ici privilégiées : la conception de visites guidées et d’expositions in situ, la réalisation d’ateliers pédagogiques, et un projet de recherche-création menée en collaboration avec la compagnie de théâtre La Morsure. PatCaM approfondit ainsi le travail de recherche et de médiation que mène l’association Cartier Libre depuis 2022 et qui réunit la quasi-totalité des chercheur·es de l’équipe. Depuis septembre 2024, des visites guidées à deux voix sont ainsi proposées au public dans le cadre de l’ouverture de la prison lors des Journées Européennes du Matrimoine et du Patrimoine (JEMP). Ces visites sont co-animées par un membre de l’association et un·e ancien·ne acteur·ice de la prison (ancien détenu, ancien surveillant, ancienne infirmière psychiatrique). Elles sont pensées comme une mise en dialogue de deux types de savoirs clairement identifiés (savoir académique et savoir expérientiel). Le cadrage historique est restitué par le/la chercheur·e de métier tandis que l’ancien·ne acteur·rice de la prison fait part de son expérience et ses réflexions. En janvier 2025, les premiers ateliers pédagogiques conçus par l’équipe de PatCaM ont également été menés auprès d’élèves de classe de seconde (https://grem.hypotheses.org/1074 ). Depuis septembre 2025, une recherche doctorale en sciences de l’éducation menée par Katell Robion (CREN, Université de Nantes) prend la prison Jacques-Cartier comme principal terrain d’études pour interroger les effets des médiations scientifiques dans la construction des savoirs chez les élèves du secondaire.
Enfin, depuis janvier 2025 a été lancé un projet de recherche-création histoire/théâtre dont la genèse a été co-financé par la plate-forme de recherches participatives TISSAGE ainsi que par la chaire IUF de médiation scientifique de Gaïd Andro. Cette recherche hybride vise à croiser la démarche artistique de création théâtrale et les enjeux scientifiques d’une recherche en sciences sociales sur l’histoire et les mémoires de la prison. Ce projet a notamment pour objectif l’élaboration d’une performance artistique faisant émerger des paroles collectives et singulières sur la prison et l’enfermement, tout en nourrissant la réflexion sur le devenir de la prison Jacques-Cartier.
Parallèlement à ces trois axes de recherches, l’équipe de PatCaM s’inscrit dans un réseau émergent de recherche autour des liens entre patrimonialisation carcérale et médiation scientifique, à l’échelle nationale et européenne (Allemagne, Belgique, Espagne).