Thèse de doctorat en Histoire de l'art contemporain préparée par Pauline Walwiewicz, sous la direction de Claire Barbillon (Criham / Université de Poitiers) et Violaine Jeammet.

• Date de dépôt du sujet : octobre 2017

 

Présentation du thème de recherche

Les grandes collections de figurines en terre cuite antiques et leurs répercussions sur la création artistique contemporaine, de 1870 à 1940

L’étude des grandes collections de figurines antiques, de 1870 à 1940, permet de faire émerger plusieurs axes de recherche : l’histoire de l’art de l’Antiquité et notamment grecque (essentiellement hellénistique), l’histoire de l’art du XIXe siècle avec la formation des grandes collections françaises et européennes de figurines antiques, privées ou publiques, comme la question des faux antiques et le marché de l’art à partir de 1870, c’est-à-dire in fine l’histoire du goût au XIXe siècle à travers l’étude de la réception des expositions de pièces antiques et de leur fortune critique.
Les années 1870 marquent un phénomène historique et artistique majeur dans le cadre de notre étude : beaucoup de grandes collections de figurines se constituent grâce à de nombreuses fouilles, menées en Turquie actuelle et en Grèce. Les statuettes mises au jour en décembre 1870 à Tanagra, dans la région grecque de Béotie, ont connu un succès fulgurant, dès 1873, auprès des archéologues, des artistes, des collectionneurs puis auprès du grand public. Le sujet étudié se concentre en premier sur ces statuettes, issues de Tanagra puis quelques années plus tard de Myrina (en Turquie actuelle).
Ainsi, les limites de l’étude s’étendent de 1870, année de découverte des Tanagras, à la première moitié du XXe siècle, période pendant laquelle l’engouement pour les figurines antiques s’estompe. Nous arrêterons nos recherches au début de la Seconde Guerre Mondiale.

Ainsi, il s’agit d’une part de retracer l’histoire du goût à un moment donné, entre 1870 et 1940 ; d’autre part d’étudier la formation de ces collections. Pour ce faire, les catalogues de vente de l’époque sont une source précieuse d’informations ; les sources utilisées sont diverses. Nous nous intéressons d’abord aux publications du XIXe siècle, porteuses des premières interprétations historico-archéologiques sur les Tanagras. La première publication sur les Tanagras est une étude de Theodor Panofka, sur la collection, achetée par les musées de Berlin, du consul général prussien à Rome, Jakob Levi Salomon Bartholdy (qui a fait un voyage en Grèce en 1803-1804). Le musée du Louvre commence à exposer les statuettes dès 1872 ; la ferveur envers ces objets d’art est enclenchée, des revues destinées au grand public apparaissent, telles que Le Magasin pittoresque, en 1877, ainsi que des catalogues de collections particulières, comme celui de la collection Lécuyer en 1882. En quoi et comment les grandes collections de figurines antiques ont-elles apporté un vent de renouveau et de fraîcheur dans le monde artistique à partir de 1870 ? Quelles personnes ou musées (collectionneurs, antiquaires, artistes, musées) ont été concernés par ce phénomène ? Dans quelle mesure les faux ont-ils également eu des répercussions sur le monde de l’art ?

Ce projet de thèse constitue une recherche sur l’impact d’un artisanat longtemps minoré voire ignoré sur la création « néo-grecque » de la fin du XIXe siècle, ainsi que sur la création moderne du XXe siècle ; des artistes tels que Bourdelle, Picabia mais aussi Picasso vont également utiliser les figurines en terre cuite antiques pour nourrir leur réflexion artistique.

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