Thèse de doctorat en Histoire moderne préparée par Giovanni Anticonna, sous la direction de d’Albrecht Burkardt (Criham / Université de Limoges) et Laurence Pradelle (EHIC / Université de Limoges).

• Date de dépôt du sujet : septembre 2018

 

 

Présentation du thème de recherche

Les Français à Rome au temps des guerres de Religion : sociabilités, image de l’Autre et expérience religieuse (1567-1610). Le témoignage des correspondances diplomatiques

Bien qu’avérée, la présence d’une très importante « nation » française à Rome durant la deuxième moitié du XVIe siècle a été peu étudiée. Ce travail se propose de prendre comme point de départ un recueil important de lettres diplomatiques émanant des représentants du roi de France à la cour papale entre 1567 et 1610, période correspondant aux troubles des guerres de Religion à l’intérieur du royaume. Ces sources sont riches en informations d’ordre prosopographique concernant les Français issus des milieux privilégiés, ecclésiastiques ou non, ayant vécu ou séjourné alors à Rome.

Souvent étudiées par les historiens du politique et des relations internationales, une relecture de ces sources épistolaires officielles, à la fois sous le prisme social et culturel, permettra d’interroger les interactions existantes entre les individus entre eux et avec la société romaine. Elle rendra également possible l’étude des lieux ou encore des institutions qui abritaient les divers cercles de sociabilité qui structuraient leur vie quotidienne.

Par la suite ce corpus sera élargi aux sources du for intérieur comme les correspondances privées qui ont pu être conservées pour certains Français ayant résidé à Rome, mais aussi certaines sources littéraires comme les récits de voyage. Elles permettront l’analyse des regards et jugements portés sur l’Autre que ces résidents français ne manquèrent pas d’avoir. Ces jugements jalonnent également les lettres d’ambassadeur.

Enfin le recours à des sources romaines comme les archives des Pieux établissements français de la ville, fournira une documentation permettant de se pencher sur les pratiques religieuses de leurs membres, de leurs donateurs ou bienfaiteurs ou encore des bénéficiaires de la charité qui y était dispensée. En contrepartie, les sources judiciaires, celles notamment émanant des archives du Fondo Tribunale criminale del Governatore di Roma, conservées aux Archives d’État de la ville, mais aussi celles de l’Inquisition romaine, permettront de comprendre comment les autorités romaines contrôlaient l’afflux de ces autres Français qui n’étaient ni seigneurs, ni diplomates ni prélats de renom, mais des simples pèlerins et des voyageurs divers, à travers les accusations qui visèrent certains d’entre eux, notamment en rapport avec l’orthodoxie religieuse en plein tournant de la Contre-Réforme catholique.

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