Thèse de doctorat en Histoire contemporaine préparée par Sarah Roux, sous la direction de Clotilde Druelle-Korn (Criham / Université de Limoges) et de Nabila Oulebsir (Criham / Université de Poitiers).

• Date de dépôt du sujet : septembre 2018

 

 

Présentation du thème de recherche

Quand la bourgeoisie de Limoges vivait et édifiait sa ville (1856-1929)

Limoges, ville ouvrière de l’époque contemporaine, est connue à travers ses surnoms de « ville rouge », « ville révolutionnaire » ou encore de « Rome du socialisme ». La cité est le théâtre de nombreux événements participant à cette construction : en septembre 1848 le Préfet au Roi déclare que « Limoges est peut-être la ville de France où le socialisme a jeté ses plus profondes racines », en 1895 la première Confédération Générale du Travail (CGT) y est fondée, en 1905 les grèves ouvrières s’accompagnent d’émeutes et du décès d’un jeune ouvrier : Camille Vardelle.

Cet aspect célèbre de l’histoire limougeaude masque une autre cité, celle de la classe en expansion composée d’entrepreneurs, de propriétaires, de commerçants, de professions libérales, avides d’embellir la ville et d’y vivre bourgeoisement. Notre projet s’attache à étudier comment la bourgeoisie de Limoges a vécu et construit sa ville, avec quels capitaux, quels architectes, quelles représentations, comment elle l’a habitée et quelles sociabilités s’y sont formées. Le sujet se place ainsi dans une double perspective d’histoire et d’histoire de l’art, disciplines rarement associées dans les travaux historiques.

Au cours du XIXe siècle, les constructions françaises sont marquées par une continuation de l’architecture révolutionnaire, il faut attendre le Second Empire pour assister un bouleversement architectural et urbanistique à Paris ainsi que dans les principales villes françaises à l’instar de Limoges. Ce n’est qu’à partir de l’arrivée du chemin de fer Paris-Orléans, en 1856, que les habitations en pierre se démocratisent. Un renouveau architectural et urbanistique nait ainsi dans la ville sous l’effet de la révolution industrielle et de l’enrichissement de la bourgeoisie locale. Ediles et élites économiques se lancent dans la construction de nouveaux axes de circulation et de nouveaux quartiers. La bourgeoisie s’installe dans des lotissements privés extramuros, tels que le square des émailleurs (1860-70). De grands bâtiments phares de la ville sont également érigés à cette période comme l’hôtel de ville (1883) et les halles centrales (1889). La Grande Guerre arrête cependant cette profusion urbaine, pour autant les travaux débutés avant la guerre sont terminés et en 1929 la gare des Bénédictins est inaugurée. Ce chef d’œuvre éclectique à la gloire de la cité est achevé à l’heure où les activités qui ont fait sa fortune et le renom de Limoges sont touchées par le lent déclin entamé depuis la grande guerre, puis précipité la crise économique des années 30. Notre étude s’attachera au travers d’archives très variées à étudier une période fondamentale de l’histoire urbaine et monumentale de Limoges. Elle a pour ambition de retracer la construction et la vie matérielle et sensible de la Limoges bourgeoise méconnue.

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