• Mercredi 23 septembre 2020 – 9h / 17h15

• Limoges, faculté des Lettres et Sciences humaines, salle des Actes
39E rue Camille Guérin

• Journée d’études organisée par le Criham (Université de Limoges), dans le cadre du projet NAOM, sous la coordination de Vincent Cousseau.

 

 

Présentation

Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, le départ pour les Amériques provoquait une coupure franche avec l’environnement d’origine, forcée et définitive pour les Africains et plus ou moins volontaire et durable pour les Européens. Pour ces derniers, les aléas de la traversée et le coût du passage faisaient du départ pour les colonies antillaises une décision lourde de conséquences. L’émigration était bien souvent définitive du fait des aléas de santé, de la brièveté de la vie et des longues années nécessaires à la réussite de l’implantation. Malgré tout, l’installation « aux isles » n’impliquait pas nécessairement une rupture complète avec les proches restés en métropole. Les liens affectifs et les intérêts mutuels incitaient à maintenir des échanges malgré la distance. La réussite personnelle et plus largement familiale passait étroitement par la mobilisation et l’entretien des réseaux familiaux, amicaux et de voisinage, non seulement en France mais aussi dans la colonie elle-même. En effet, une fois arrivé sur place, la présence de parents, d’amis ou de « pays », c’est-à-dire d’originaires de la même province de départ, représentait un atout décisif. De même, les colons de plus longue date, souvent créoles, avaient tout intérêt à entretenir les liens avec leur famille de métropole, que ce soit pour préparer un retour en Europe ou pour la prospérité de leurs affaires. Dans l’autre sens, les propriétaires de plantation non-résidents multipliaient les échanges avec leurs géreurs et procureurs, dont l’historien Gabriel Debien a jadis montré la richesse à travers les papiers de famille de planteurs. De part et d’autre de l’Atlantique, les négociants et commissionnaires des villes portuaires maritimes entretenaient ainsi une abondante correspondance commerciale, gage de la réussite de leurs entreprises. Ces relations étaient souvent imbriquées dans les liens de parenté où s’entremêlaient l’intérêt et l’affectif. De même, les administrateurs, civils ou militaires, écrivaient régulièrement à leurs proches pour leur faire part de leur situation personnelle et du contexte nouveau dans lequel ils évoluaient.

Les relations épistolaires ont constitué un vecteur précieux de la réussite des projets individuels et familiaux des colons, négociants et administrateurs français. Les nombreuses lettres privées qui sont parvenues jusqu’à nous permettent aux historiens de reconstituer les réseaux de relation formés de part et d’autre de l’Atlantique et ouvrent une fenêtre sur l’importance des liens de parenté dans la réalisation des projets coloniaux. Elles laissent ainsi entrevoir dans toute leur richesse l’existence de « familles atlantiques ».

Au cours de cette journée d’études, les participants présenteront des lettres remarquables évoquant les enjeux intimes, familiaux et commerciaux de la relation épistolaire transatlantique.

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