Deuxième rencontre du cycle FULMEN, organisée en partenariat entre l'École française de Rome, École française de Rome, le CIHAM (CNRS / UMR 5648, Université Lumière de Lyon), l'École normale supérieur de Lyon, le CERHIC (EA 2616, Université de Champagne Ardenne), et le Criham (EA 4270, Université de Limoges et Poitiers).

• 14-15 janvier 2019

• Rome, École française de Rome
Place Navone

 

 

Présentation

Cette deuxième rencontre du cycle FULMEN est entièrement consacrée au fonctionnement et aux mécanismes de l’excommunication, de l’interdit et de la suspense, depuis les origines jusqu’à nos jours. On examinera la pratique des sanctions spirituelles en portant d’abord l’attention sur leurs modalités formelles. Les études considèrent en général directement les enjeux contextuels des « condamnations », sans s’arrêter à leurs formes précises – lesquelles restent ainsi dans le flou.
On s’intéressera donc aux détails techniques – en particulier juridiques – et aux modalités concrètes des sanctions – en prêtant une attention particulière à de la chronologie détaillée –, qui seront rapportés aux situations d’ensemble, de manière à considérer les effets sur les consciences individuelles et sur les opinions collectives, pour la construction de cadres de négociation entre le ou les détenteurs de l’autorité et les réfractaires, non sans s’attarder aussi sur l’attitude (approbation, réticences…) des intermédiaires cléricaux. On comprendra mieux, de cette façon, l’efficacité ou l’éventuelle contre-productivité des mesures.
La dimension de performativité discursive – laquelle constitue la plus forte spécificité des sanctions, mais aussi la plus difficile à saisir pour les historiens – pourra, de la sorte, être mise en valeur. De même les jeux sur le temps et les effets d’immanence, de rétroactivité et d’auto-inculpation (en particulier avec les mécanismes de sanction ipso facto, a canone ou latae sententiae). De même, encore, les flottements et l’incertitude qui semblent caractériser bien des aspects de la pratique aux yeux des acteurs et paraissent structuraux (à partir de quel moment exactement un sujet est-il frappé par une sanction, quelles sont censées être les conséquences exactes ?…). On tentera ainsi de rendre compte de l’extrême malléabilité pratique d’instruments dont les formes légales sont pourtant strictement définies.
Cette problématisation resserrée, mise en œuvre collectivement, devrait donner tout son sens à la comparaison entre des contextes très éloignés les uns des autres. Il s’agit finalement d’envisager les sanctions comme des catégories de la pratique. En examinant leurs usages et leurs effets (sociaux et individuels), l’horizon est celui d’un questionnement général sur les aspects idéels ou spirituels (discursifs, symboliques, affectifs, intellectuels) de l’autorité et du gouvernement dans la tradition occidentale.

 

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