Journées organisées par l'Université de Limoges avec le Pôle international de Ressources de Limoges et du Limousin pour l'histoire du monde du travail et de l'économie sociale (PR2L), dans le cadre de la semaine Mon ESS à l’école, sous la coordination de Magali Boespflug (Cerege, Université de Poitiers), Marius Chevallier (Geolab, Université de Limoges), Clotilde Druelle-Korn (Criham, Université de Limoges), Bernard Lacorre (PR2L).

• Appel à communications / présentations d’outils éducatifs jusqu’au : 31 octobre 2021

• Dates et lieux des journées : 24 et 25 mars 2022 (sous réserve des dates de Mon ESS à l’école), campus de Guéret et Limoges

 

 

Présentation

Le thème de l’éducation à la consommation se situe au croisement de l’économie sociale et solidaire et de l’éducation populaire. L’Union de Limoges, puis l’Union de Saint Junien et l’Union des Coopérateurs du Centre ont en effet suivi l’exemple des pionniers de Rochdale en appliquant le 5e principe de l’Alliance Coopérative Internationale fondée en 1895 : « Les coopératives fournissent à leurs membres, leurs dirigeants élus, leurs gestionnaires et leurs employés, l’éducation et la formation requises pour pouvoir contribuer effectivement au développement de leur coopérative. Elles informent le grand public, en particulier les jeunes et les dirigeants d’opinion, sur la nature et les avantages de la coopération ».
Ainsi, « en même temps qu’elles expérimentaient un rapport renouvelé à la répartition des revenus et du pouvoir au sein de leurs organisations, les associations de production et de consommation du 19ème siècle ont également organisé des cours et conférences, construit des théâtres, des bibliothèques, publié des journaux » (Carimentrand et al., 2017).
Parallèlement, les associations d’éducation populaire se sont engagées dans l’économie considérant, d’une part que la connaissance de l’économie est indispensable pour développer l’émancipation et le pouvoir d’agir de chaque personne, et d’autre part que les thèmes de l’argent et des bénéfices dans ces associations mettent souvent mal à l’aise les membres des associations (Marquet, Barreira, Cevaer, 2007).
L’économie sociale et solidaire et l’éducation populaire (qui en fait partie), ont des origines communes au 19ème siècle, et l’éducation à la consommation a toujours été une de leurs principales préoccupations. L’éducation à la consommation fait actuellement l’objet d’un net renouvellement (Animation et Education, revue de l’OCCE, mars-avril 2021), elle s’interroge par exemple sur la place des communs par rapport aux droits individuels et elle revisite les modalités et les buts de son éducation plus responsable. C’est dans cet esprit que cette manifestation s’organise.
Le Limousin, pionnier en la matière, est particulièrement adapté pour accueillir nos réflexions. Retenons simplement ici les institutions les plus connues. On oublie trop souvent que les maçons creusois Martin Nadaud, et Antoine Cohadon ne furent pas seulement les fondateurs en 1848 d’une Association Ouvrière de Production de travaux publics promise à un bel avenir dans le Paris haussmannien, mais aussi des acteurs militants de l’éducation populaire. De même, la Ligue Française de l’Enseignement, principale confédération française d’éducation populaire, a été co-fondée en 1866 par le tailleur de pierres creusois Jean Petit. Et la Fédération des Œuvres Laïques de Creuse, l’une des toutes premières fédérations départementales, a été créée en 1927 par le coopérateur Louis-Gaston Roussillat. En outre, l’Union de Limoges, créée en 1881 – désormais intégrée dans Coop Atlantique – est l’une des plus anciennes et l’une des dernières coopératives de consommation en France (avec un volet éducation à la consommation dans Action Conso).
Comme toutes les didactiques, l’éducation à la consommation peut prendre des formes très diverses et entremêlées. On peut observer aussi bien des actions de renforcement de la logique économique (démocratiser l’accès à l’entrepreneuriat et aux raisonnements économiques et gestionnaires) ou de réencastrement de la logique économique dans des objectifs sociaux, culturels ou environnementaux (associations de maintien de l’agriculture paysanne, monnaies locales citoyennes complémentaires, ressourceries, etc.). Elle peut mener au fatalisme (se dire que, techniquement, on fait déjà au mieux dans le contexte actuel) comme à l’utopie (remettre en cause des fonctionnements actuels et mise en œuvre d’alternatives). Elle peut être un outil d’émancipation des personnes et des collectifs qui s’en saisissent comme elle peut être un outil de communication et d’influence pour attirer les sensibilités des nouveaux modes de consommation. Elle passe également par une diversité d’acteurs (Éducation Nationale, pouvoirs publics, acteurs économiques, société civile) et de médias (brochures, ouvrages, affiches, jeux, événements, animations, etc.), auprès ou avec une diversité de publics en milieux fermés et ouverts.

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