Journées d'études organisées sous la coordination de Thomas Lacomme (EPHE/SAPRAT) et Ewen Thual (Criham / Université de Limoges), avec le soutien des laboratoires SAPRAT (EA 4116, EPHE) et Criham (EA 4270, Université de Limoges), de l’école doctorale de l’EPHE (ED 472), de l’IRHT, ainsi que, au titre du mécénat, de l’entreprise AAREC et de la Société d’histoire et d’archéologie de l’arrondissement de Provins.

• 3-4 juin 2021

• Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Campus Condorcet, centre de colloques
Place du Front populaire

 

 

Argumentaire

Depuis une trentaine d’années, les études sur le monde canonial ont analysé les liens qui pouvaient exister entre les collégiales séculières et les pouvoirs princiers, à la fois institutionnellement (jus patronatus, collation des prébendes, etc.) et politiquement (liens entre chapitres séculiers et chancelleries, etc.), cette dernière dimension mobilisant souvent une approche prosopographique (collégiales séculières comme viviers d’agents des politiques princières, carrières politiques des chanoines, recrutement de ces derniers dans certains lignages pour conforter des fidélités, etc.). Les monographies et les synthèses régionales ont souligné la pluralité des rôles dévolus à une collégiale séculière, tout en insistant sur les motivations politiques et la logique de distinction sociale qui ont favorisé l’essor de ce type de fondations religieuses.
Les liens plus personnels, matériels ou spirituels, entre les établissements canoniaux et leurs fondateurs, ou les héritiers et successeurs de ceux-ci, ont, en comparaison, été moins abordés. Comment et pourquoi un prince investissait-il sa collégiale ? Y a-t-il une différence, pour un grand, entre les collégiales qu’il a fondées, celles dont il hérite et celles qu’il a captées ? Une collégiale sise in castro ou in palatio est-elle, par exemple, plus intensément occupée par un prince qu’une fondation hors les murs ? À l’intérieur de l’église, y a-t-il un lieu privilégié de l’appropriation princière (chapelle, nef, choeur, etc.) ? Quelles traces y a-t-il laissées, qui montrent sa présence effective ou son appropriation symbolique des lieux ? Voilà plusieurs des enjeux de la présente journée d’étude.
Marquer son église : le titre emprunte celui de l’ouvrage collectif Marquer la ville1. Il s’agit ici de s’intéresser aux membres, masculins ou féminins, de la haute aristocratie (princes et princesses laïcs, grands ecclésiastiques ; leurs entourages) et des grandes familles féodales, pour cerner la manière dont ils s’impliquent dans les collégiales qu’ils fondent ou dont ils héritent. Les fondations seigneuriales peuvent être prises en compte, à titre de comparaison.
De la fondation de la chapelle palatine d’Aix-la-Chapelle au début du IXe siècle, à l’inhumation de Louis XI à Notre-Dame de Cléry-Saint-André (1483), les collégiales séculières ont été de véritables écrins permettant d’inscrire le pouvoir des princes dans la durée. La réforme grégorienne puis le renouvellement du pouvoir princier à la fin du Moyen Âge ont eu un rôle dans l’évolution des fondations de collégiales par les grands, dans le royaume de France comme ailleurs en Europe.

 

Comité scientifique

– Brigitte BOISSAVIT-CAMUS (Université de Nanterre / ARSCAN)
– Murielle GAUDE-FERRAGU (Université Sorbonne Paris Nord / Pléiade)
– Laurent HABLOT (EPHE / SAPRAT)
– Anne MASSONI (Université de Limoges / Criham)
– Brigitte MEIJNS (KU Leuven)
– Laurent MORELLE (EPHE / SAPRAT)
– Éric SPARHUBERT (Université de Limoges / Criham)

 

  • La vie étudiante continue sur les réseaux sociaux !