Environnement, territoires, circulations

Responsables

Laurence Montel (Université de Poitiers) et Clotilde Druelle-Korn (Université de Limoges)

 

Présentation des thèmes de recherche

Cet axe de recherche rassemble des chercheurs et des projets qui interrogent les interactions entre les communautés humaines et les espaces dans lesquels elles se déploient. Il se décline autour de trois pistes et problématiques, environnements, territoires, circulations, – intrinsèquement liés – et sur une échelle de terrains proches ou lointains, qui font l’objet d’approches monographiques, comparatives et/ou connectées : espaces poitevin, aquitain et limousin, oasis et désert du Sahara, espaces atlantiques, méditerranéens et européens.

Environnement(s)

L’environnement tel qu’envisagé par les historiens et par les autres sciences humaines ne recouvre pas la seule nature, c’est un objet social pluriel. Il place au cœur de la démarche les notions d’interdépendance complexe dans le temps et les espaces entre les hommes, les sociétés, les êtres vivants et, de manière générale les composantes de la nature anthropisée.

Depuis le début des années 2010, le Criham a développé une expertise sur les littoraux, les espaces-limites et les milieux extrêmes du Sahara et des oasis, et sur une comparaison entre espaces maritimes et désertiques. Dans tous ces cas, il s’est agi de prêter attention aux mutations, aux fragilités et aux ressources de ces espaces. Le donné, le perçu et le vécu s’y entremêlent ; les notions de contraintes et de risques sont étudiées, par exemple, dans le cadre des événements climatiques exceptionnels touchant le littoral atlantique et de leurs conséquences.

A l’échelle régionale, le Criham a aussi contribué à l’histoire de l’écologie et des pollutions en Limousin, participant en cela au renouvellement de l’histoire environnementale. Il étend aujourd’hui sa réflexion à l’étude des ressources dans une acception extensive et inclusive. A partir de quand un élément (naturel, information, technique, disponibilité humaine) devient-il une ressource ? pour quels usages ? comment les ressources font-elles système ? pour quelle durée et avec quels effets ? comment circulent-elles, au sein de l’espace régional néo-aquitain etde manière générale à différentes échelles de lieux et de temps ?

Territoires

On entend par « territoire » une « portion de la surface terrestre, appropriée par un groupe social pour assurer sa reproduction et la satisfaction de ses besoins vitaux »[1]. La dimension territoriale des rapports des sociétés à l’espace qu’elles occupent est le deuxième angle développé dans l’axe ETC. Elle est étudiée sous ses différentes facettes : politique, économique, sociale et culturelle, à plusieurs échelles et selon plusieurs angles. Celui de la gouvernance des territoires (ports et espaces maritimes, marges désertiques, campagnes et villes), de la limite et de la frontière (Maghreb et Egypte), des maillages politiques (« campagnes rouges » du Limousin et de la Toscane), ou encore le territoire de la mémoire et de la mise en patrimoine (champ de bataille).

Le récent redécoupage régional invite à réfléchir à nouveaux frais aux découpages administratifs précédents, aux manifestations de leur adoption ou rejet, aux effets réels qu’ils produisent en termes d’identités nouvelles ou cumulées. Quels sont les éléments qui font les identités territoriales ? Comment s’articulent-ils aux identités politiques ?

La question de l’éloignement, de la distance à l’endroit du pouvoir central et de la manière dont elle pèse sur les identités locales et les contestations nourrit une réflexion transversale aux différents espaces d’études. Cet angle se nourrit d’autre part de la réflexion menée sur les environnements, leur perception et leur construction par les sociétés humaines : comment territoire, territorialisation, et environnement s’articulent-ils, dans les faits et dans les représentations ? Quelles formes de recouvrement, quelle disjonction entre territoire et environnement, observe-t-on chez les acteurs ?

Circulations

Le troisième angle est celui de la connectivité des territoires étudiés : elle est abordée au travers des itinérances et des circulations des individus, des idées, des pratiques, et de l’information ; au travers des interactions sociales, politiques et culturelles. Cette problématique donne lieu à un programme de recherche sur les voyages, les médiateurs et les instances de médiation, sur les communautés étrangères installées sur les territoires et les correspondances entre communautés. La question de la circulation des matériaux et celle des échanges culturels et techniques est abordée par les historiens, les historiens de l’art et les musicologues à l’instar de l’étude des routes musicales. Cet angle de la recherche est pensé en relation avec les chantiers relatifs aux environnements et aux territoires : voyageurs, immigrants, marchandises, circulent à travers des territoires aux contraintes multiples, d’origines naturelles et humaines,et participent de leur modelage.

Les Atlas historiques numériques du Limousin et de la Nouvelle Aquitaine développés au sein du Criham sont destinés entre autres à accueillir les résultats synthétiques et cartographiés des travaux de chercheurs et d’étudiants s’inscrivant dans les pistes et problématiques de l’axe Environnement(s), Territoires et Circulations.

 


[1] Maryvonne Le Berre, « Territoires », dans Antoine Bailly, Robert Ferras, Denise Pumain (dir.), Encyclopédie de géographie, Paris, Economica, 1995.