Publication : Les vénéneuses. Figures d’empoisonneuses de l’Antiquité à nos jours

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Presses universitaires de Rennes

Lydie Bodiou, Frédéric Chauvaud et Myriam Soria (dir.), 2015

• Presses universitaires de Rennes
432 pages

 

Présentation

Pourquoi, depuis l’Antiquité, le poison incarne-t-il l’arme féminine par excellence ? Déconstruisant ce poncif et l’imaginaire de la femme coupable, cette étude dresse des portraits d’empoisonneuses en saisissant leur place dans la société et en expliquant la production d’images et leur circulation. La vénéneuse, si elle renseigne sur la criminalité des femmes et la logique du geste, informe aussi sur la peur et le mal-être d’une société d’hommes qui se complait à rejeter cette figure du côté du féminin hors norme et de l’éternelle femme fautive.

L’empoisonneuse, sinistre et redoutable, femme de l’ombre, sournoise et habile, hante l’imaginaire des sociétés depuis l’Antiquité. Chaque époque invente des personnages dont les gestes sèment l’effroi et prennent place dans la mémoire collective. Mais la figure de l’empoisonneuse, à la croisée des récits historiques et littéraires, des documents judiciaires et de la fiction, du passé et du présent, apparaît à la fois immobile et différente et surtout beaucoup plus complexe que ce que l’on pouvait supposer. Pour en dresser le portrait et saisir la place qu’elle occupe, comprendre la production des images et leur circulation, il convenait, dans le présent ouvrage, de mobiliser des études portant sur le corps, la criminalité, le genre et leurs représentations.

Les empoisonneuses nécessitent de faire appel à des disciplines diverses dans le temps long, de l’Antiquité à nos jours, afin de se demander comment et pourquoi des stéréotypes, qui tendent à faire du poison une arme du féminin et de l’empoisonneuse un poncif de l’imaginaire de la femme coupable, ont été construits, transmis, adaptés et amplifiés jusqu’au XXIe siècle.

Les portraits anonymes ont souvent été rejetés dans la pénombre par quelques figures illustres qui ont retenu toute l’attention. Pourtant Circé ou Cléopâtre, les reines ou les sorcières médiévales, les élégantes et les domestiques de l’époque moderne, ont bien plus en commun qu’on ne l’imagine avec les empoisonneuses des campagnes ou les grandes criminelles contemporaines que la chronique judiciaire a régulièrement présentées aux lecteurs puis aux spectateurs. Mais la vénéneuse, si elle renseigne sur la criminalité des femmes et la logique des gestes, informe aussi sur la peur ou le mal-être d’une société d’hommes qui se complait à rejeter les empoisonneuses du côté du féminin hors norme et de l’éternelle femme coupable.

Avec le soutien de l’Université et de la MSHS de Poitiers, de l’UFR SHA et du laboratoire HeRMA.

 

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