Journée d’études : La pitié qu’il y avait au royaume de France… Jeanne politique : la réception du mythe à l’époque moderne et contemporaine en France et à l’étranger

2015_JE_Jeanne_aff_1000• 22-23 octobre 2015

• Limoges, Faculté des Lettres et des Sciences humaines

•  Journées d’études organisées par les laboratoires CRIHAM et EHIC, sous la coordination de  Vincent Cousseau (Criham), Florent Gabaude et Aline Le Berre (EHIC).

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Présentation

Selon Hans Blumenberg, le renouvellement permanent du mythe est le garant de sa « constance iconique ». Jeanne d’Arc, figure sans visage aux cents visages, est une « légende vivante » (Michelet) dont Napoléon et Schiller ont fait l’incarnation de la nation en armes, un symbole depuis lors sans cesse revivifié autant que martyrisé par les médiations historiographiques, littéraires, filmiques, populaires ou commerciales et les factions militantes qui s’en disputent l’héritage. On a fait de Jeanne une figure tantôt clivante, tantôt consensuelle : elle a tour à tour servi aux républicains contre les monarchistes et vice versa, aux catholiques contre les libres penseurs et vice versa, aux patriotes contre les internationalistes et vice versa ; elle symbolisa successivement l’alliance du trône et de l’autel, du sabre et du goupillon, de la République pacifiste et du Vatican, du bouclier pétainiste et du glaive gaullien ou de l’étendard communiste…
L’objet de ces journées d’études est d’analyser la construction et les appropriations politico-confessionnelles du mythe depuis son origine, de confronter les représentations polymorphes de la Jeanne politique (discursives, iconiques, plastiques, théâtrales et filmiques) dans l’espace public.

 

Programme

Jeudi 22 octobre 2015

Matinée

• 9h45 – Accueil des participants

• 10h – Ouverture des journées par Philippe ALLEE, Doyen de la FLSH, Anne-Claude AMBROISE-RENDU, directrice du CRIHAM et Bertrand WESTPHAL, directeur d’EHIC

 

Présidence : Till Kuhnle

• 10h15 – Vincent COUSSEAU (Université de Limoges)
Lumières sur Jeanne d’Arc à la fin du XVIIIe siècle

• 10h35 – Aline LE BERRE (Université de Limoges)
« Héroïsme et féminité dans la Jeanne d’Arc de Schiller

• 10h55 – Françoise MICHAUD-FREJAVILLE (Université d’Orléans – Ancienne directrice du Centre et de la Maison de Jeanne d’Arc d’Orléans)
Du jeune Condé au jeune Bonaparte : Jeanne passe le témoin

• 11h15 – Discussion et pause

• 11h45 – Chantal DHENNIN-LALART (Université Lille Charles de Gaulle)
Jeanne, et vice-versa

• 12h05 – Sylvie PERINEAU (Université de Limoges, CERES)
Représentations filmiques de Jeanne d’Arc : de l’attraction du futur à l’imagination de la réception

• 12h25 – Discussion

 

Après-midi

Présidence : Vincent Cousseau

• 14h30 – Vincent ROBERT (Université Paris I Panthéon Sorbonne)
Quelques réflexions autour Jeanne d’Arc et de la sainteté populaire féminine à partir d’un roman de George Sand, Jeanne (1844)

• 14h50 – Olivier IHL (Université de Grenoble)
Contre la laïcité. Sur le pavoisement de Jeanne d’Arc dans le Paris de 1909

• 15h10 – Jacqueline FREYSSINET (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) :
Envoyée de Dieu. Les figures de Jeanne d’Arc dans les manuels d’histoire de l’école catholique (1880-1980)

• 15h30 – Discussion et pause

 

Présidence : Florent Gabaude

• 16h10 – Christophe LE DREAU (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Un héros positif en Grande-Bretagne : Jeanne d’Arc (1909-1920)

• 16h30 – Marion POLIRSZTOK (Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis) :
Mémoire de Jeanne dans l’Amérique de la Grande Guerre : Joan the Woman (Cecil B. DeMille, 1916)

• 16h50 – Till KUHNLE, (Université de Limoges)
Le charisme de la pureté

• 17h10 – Discussion

 


 

Vendredi 23 octobre

Matinée

Présidence : Aline Le Berre

• 9h30 – Jérôme GREVY (Université de Poitiers)
Donner la parole à Jeanne. Le théâtre johannique (1800-1950)

• 9h50 – Florent GABAUDE (Université de Limoges)
La Jeanne partisane et résistante d’Anna Seghers, de Bertolt Brecht et de Carl Schmitt

• 10h10 – Sophie COUDRAY (Université Lumière Lyon 2)
Les usages de Jeanne d’Arc dans le théâtre contemporain

• 10h30 – Discussion et pause

• 11h10 – Giuseppina SAPIO (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3)
Jeanne captive (2011) de Philippe Ramos ou le mythe d’Augustine

• 11h30 – Sabine SAVORNIN (Université de Provence, Aix-Marseille)
Analyse des raisons pour lesquelles la figure de Jeanne d’Arc peut incarner les idées du Front National et des Femen

• 11h50 – Discussion et clôture

 

Comité scientifique

Florent Gabaude : Maître de conférences en littérature germanique – EHIC  (université de Limoges)

Aline Le Berre : Professeur des universités en littérature germanique – EHIC  (université de Limoges)

Vincent Cousseau : Maître de conférences en histoire moderne – Criham (université de Limoges)

 

Argumentaire

La pitié qu’il y avait au royaume de France… Jeanne politique : la réception du mythe à l’époque moderne et contemporaine en France et à l’étranger

L’objet de ces journées d’études sera d’analyser la construction et les appropriations politico-confessionnelles du mythe de Jeanne d’Arc depuis son origine, de confronter les représentations polymorphes de la Jeanne politique (discursives, iconiques, plastiques) dans l’espace public.

Jeanne d’Arc, figure sans visage aux cents visages, est une « légende vivante » (Michelet) dont Napoléon et Schiller ont fait l’incarnation de la nation en armes, un symbole depuis lors sans cesse revivifié autant que martyrisé par les médiations historiographiques, littéraires, filmiques, populaires ou commerciales et les factions militantes qui s’en disputent l’héritage.

La réflexion collective devrait permettre de croiser différentes approches, ressortissant notamment :

• à l’histoire mémorielle : évolution de la représentation historique de Jeanne au fil du temps, confrontation de l’histoire populaire et de l’histoire savante, rapports entre le mythe et l’histoire, l’histoire et la mémoire, pratiques muséales et commémoratives ;

• à l’analyse rhétorique du discours public : par exemple, des discours mémoriels de Charles Maurras à Marine Le Pen, d’André Malraux à Najat Vallaud-Belkacem ;

• à la philosophie et à la sociologie politiques : le mythe identitaire, la question de la nécessité du chef et les visages de l’héroïsme et du charisme, notamment en temps de guerre ou de crise. Jeanne fait figure d’archétype de la prophétesse armée avec qui le « peuple » entretient un rapport émotionnel fondé sur la croyance ;

• à l’esthétique de la réception : depuis l’époque romantique et dans la culture de masse contemporaine, le moyen âge suscite un intérêt soutenu dont l’examen est devenu outre-Atlantique et plus récemment en Europe un axe de recherche spécifique (medievalism américain, Mittelalter-Rezeption dans l’aire germanique) ;

• aux études de genre : déjà pour Christine de Pisan, Jeanne constitue une figure de proue de la lutte des femmes contre le phallocentrisme. Le mythe peut être abordé sous l’angle notamment du prophétisme et du martyre féminins ; on pourra également se poser les questions suivantes : Jeanne est-elle considérée comme un être androgyne, une pionnière de l’émancipation ou, au contraire, comme la victime de préjugés misogynes ? Quel rôle joue la virginité dans le discours sur Jeanne ? En quoi la surévaluation de cet aspect relève-t-elle d’une approche religieuse traditionnelle ou au contraire d’une volonté d’affirmer une indépendance et une spécificité féminines ?

 

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