Conférence : Être architecte au XVIIIe siècle : Les profils de carrière de l’Ancien Régime à l’Empire

• 6 février 2018 – 18h

• Paris, Centre allemand d’histoire de l’art
Hôtel Lully – 45 rue des Petits Champs – 1er arr.

• Conférence par Marie-Luce Pujalte-Fraysse, maître de conférences d’histoire de l’art moderne, Université de Poitiers

 

Présentation

Dans sa vaste entreprise éditoriale sur l’Art français, André Chastel déclarait qu’une globalisation de la réflexion sur l’avant et l’après-Révolution ne pouvait qu’être néfaste pour la connaissance des arts car celle-ci ne doit pas être assujettie à la grille que « les faits politiques ont tendance à imposer à tous les aspects de la vie historique »[1]. Il en concluait que la révolution politique et sociale ne pouvait pas tout expliquer même si « la vie artistique ne pouvait rester indemne » face à la crise sans précédent que la France avait connue.
En effet, l’artiste du XVIIIe siècle n’est plus le même ni pendant les temps révolutionnaires ni après du fait de la nécessaire adaptabilité et réinvention que la création artistique réclama alors. Les positions idéologiques, les pratiques peuvent comporter des contradictions pour des hommes qui pour la plupart ont vécu sous l’Ancien Régime, qui ont déjà construit une carrière sous la monarchie et qui se trouvent désormais confrontés à un éventail de possibilités, souvent contraires à leur première vie.
Éminemment liés au pouvoir royal, les architectes du Roi forment une caste au sommet de la hiérarchie professionnelle et de l’échelle sociale dont la visibilité est particulièrement intéressante à étudier dans une des périodes de transition les plus marquantes de l’Histoire. Les grands noms tels que Chalgrin, Brongniart, Gondoin dont les chefs-d’œuvre ont marqué la culture architecturale ne sauraient cacher la diversité des positionnements que l’on découvre au gré des études de cas micro-historiques consacrés à des architectes méconnus de l’historiographie contemporaine.

 


[1] A. Chastel, L’Art français, Le temps de l’éloquence 1775-1825, vol. IV, 2000 (1re éd. Posthume en 1996), p. 7.

 

 

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